Occupations des terrains aux Sablons: le compte-rendu de la rencontre avec des élus

Cette réunion faisait suite à l’occupation du secteur des Sablons pendant plusieurs semaines par un groupe de caravanes, ainsi qu'aux différentes démarches engagées par Les Prairies de Beaulieu et le Collectif des Habitant·es de Beaulieu auprès de la Ville et de Grand Poitiers.

Elle avait pour objectifs :

  • de faire le point sur les événements intervenus aux Sablons ;
  • de mieux comprendre les procédures mises en œuvre lors d'une occupation illicite ;
  • d'obtenir des précisions sur les responsabilités respectives des différents acteurs ;
  • d'évoquer les difficultés de communication rencontrées par les associations avec la Ville ;
  • de rechercher des modalités de fonctionnement plus efficaces pour le traitement futur des problèmes concernant le quartier.

En voici le compte-rendu réalisé par des membres des deux associations:

Vous pouvez télécharger ce CR en version PDF ici.

COMPTE RENDU DE LA RÉUNION AVEC LES ÉLUS

Beaulieu Mercredi 19 août 2026

Les Prairies de Beaulieu (LPB) Collectif des habitant·es de Beaulieu (CHB)

  1. Participants

Représentants des associations

Les Prairies de Beaulieu – LPB

  • Bruno HAY
  • Alexandre VERGNAUD

Collectif des habitants de Beaulieu CHB

  • Bernard WALLET
  • Marie-Pierre COGNARD

Représentants de la Ville / Grand Poitiers

  • Lise LEEMAN, élue - Vie citoyenne et associative
  • Joël JACQUET, élu - Sécurité et Tranquillité publique
  • Cocou Gildas ADANHOU, élu du quartier de Beaulieu
  • Étienne ROYER, Chef de mission Relations aux habitants et usagers
  1. Objet de la rencontre

Cette réunion faisait suite à l’occupation du secteur des Sablons pendant plusieurs semaines par un groupe de caravanes, ainsi qu'aux différentes démarches engagées par LPB et le CHB auprès de la Ville et de Grand Poitiers.

Elle avait pour objectifs :

  • de faire le point sur les événements intervenus aux Sablons ;
  • de mieux comprendre les procédures mises en œuvre lors d'une occupation illicite ;
  • d'obtenir des précisions sur les responsabilités respectives des différents acteurs ;
  • d'évoquer les difficultés de communication rencontrées par les associations avec la Ville ;
  • de rechercher des modalités de fonctionnement plus efficaces pour le traitement futur des problèmes concernant le quartier.
  1. Introduction de la réunion

Bernard WALLET, au nom des deux associations, a introduit la réunion en s’appuyant sur le document préparé conjointement par LPB et le CHB.

Les associations ont tout d’abord reconnu les mesures concrètes prises après le départ des caravanes:

  • nettoyage du site des Sablons ;
  • enlèvement des déchets ;
  • pose de blocs de béton afin de limiter la possibilité d’une nouvelle installation.

Elles ont toutefois rappelé que ces mesures répondaient essentiellement à l’urgence.

La préoccupation de LPB et du CHB porte désormais davantage sur lanticipation, la coordination des services et linformation des habitants et associations lorsque de telles situations surviennent.

Il a également été rappelé que la démarche des associations ne vise aucune population en particulier. Elle porte sur l’organisation de l’accueil, la protection des équipements collectifs, la prévention des occupations illicites et la qualité des relations entre les habitants, les associations et les institutions.

  1. Procédure suivie lors d'une occupation illicite

Les élus nous ont indiqué que, lors de l’occupation du site des Sablons, un procès-verbal avait bien été établi par Grand Poitiers puis transmis à la Préfecture.

Il nous a également été précisé que la suite de la procédure, notamment la décision permettant d’engager une évacuation, relève ensuite de l’autorité préfectorale.

Les échanges ont par ailleurs fait apparaître les difficultés pratiques pouvant être rencontrées lorsqu’il s’agit de procéder à l’évacuation d’un groupe comprenant un nombre important de caravanes, notamment en raison des moyens nécessaires à une telle opération.

Ce point permet de mieux comprendre le décalage qui peut parfois exister entre le constat d’une occupation illicite, l’engagement de la procédure et sa résolution effective.

  1. Situation des aires d’accueil

Étienne ROYER a indiqué que Grand Poitiers dispose d’équipements destinés à laccueil des personnes itinérantes, et que l’installation constatée à Beaulieu était une occupation illicite d’un terrain qui n’était pas destiné à cet usage.

Il a également indiqué que la situation de l’agglomération devait être replacée dans un contexte territorial plus large.

Selon les explications données lors de la réunion, certaines communes situées autour de Poitiers ne disposeraient pas de capacités d’accueil correspondant aux besoins ou aux obligations qui leur incombent. Cette situation contribuerait à reporter une partie des demandes et des installations vers Poitiers et Grand Poitiers.

La question de la répartition territoriale des capacités d’accueil apparaît donc comme un élément important du problème.

Au cours des échanges, le terme « citoyens français itinérants » (CFI) a également été employé pour désigner les personnes concernées.

  1. Une difficulté majeure : la communication avec les associations et les habitants

LPB et le CHB ont longuement insisté sur les difficultés rencontrées pour obtenir des informations pendant la période d’occupation des Sablons.

Plusieurs interrogations avaient été soulevées :

  • quelles procédures avaient effectivement été engagées ?
  • quels services étaient saisis ?
  • qui était responsable du terrain ?
  • quelles démarches avaient été entreprises auprès de la Préfecture ?
  • quelles suites étaient données aux signalements des habitants et des associations ?

Les associations ont expliqué que, malgré plusieurs échanges avec l’élu chargé du quartier, elles avaient eu beaucoup de difficultés à obtenir une vision claire de la situation et de son évolution.

Le problème rencontré ne réside donc pas seulement dans le traitement administratif des dossiers, mais également dans labsence de retour vers ceux qui ont effectué les signalements.

Les délais administratifs peuvent naturellement être différents du temps vécu par les habitants. Cela rend d’autant plus nécessaire une information régulière, même lorsqu’aucune solution immédiate ne peut encore être apportée.

  1. Une nouvelle méthode de communication convenue

Ce point a donné lieu à un échange constructif.

Lise LEEMAN a pris bonne note des difficultés de communication exprimées par LPB et le CHB.

Il a été convenu que, pour les problèmes concernant directement le quartier de Beaulieu, les associations utiliseraient désormais prioritairement l’adresse électronique de Cocou Gildas ADANHOU, élu du quartier :

cocou-gildas.adanhou@poitiers.fr

Cette adresse constituera donc notre point dentrée privilégié pour signaler les difficultés concernant le quartier et demander leur transmission aux services compétents.

LPB et le CHB seront particulièrement attentifs au fonctionnement de cette nouvelle organisation et, notamment, à la possibilité d’obtenir un retour sur les signalements transmis et sur les suites qui leur sont données.

  1. Coordination entre les différents services

Les associations ont également attiré l’attention des participants sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les différents services et collectivités.

L’exemple de la pose puis de l’enlèvement, à quelques heures d’intervalle, de blocs de béton à l’entrée du mail a été cité pour illustrer les difficultés susceptibles d’apparaître lorsque plusieurs services interviennent sur une même situation.

Les associations ont rappelé qu’une mesure de protection prise sur un terrain ne doit pas avoir pour seule conséquence de déplacer le problème vers un autre espace vulnérable.

La réflexion doit donc être menée à l’échelle du quartier, mais également à celle de l’agglomération.

  1. Autres problèmes signalés dans le quartier

LPB et le CHB ont également rappelé l’existence de dépôts sauvages persistants, notamment :

  • rue de Champlain, sur deux secteurs où les dépôts ont tendance à s’étendre ;
  • à l’intersection de la rue de la Foucaudière et de la rue de Iassy.

La question de l’identification du propriétaire et de l’autorité devant intervenir rue de Champlain reste particulièrement importante.

Les associations souhaitent disposer d’une réponse claire sur ce point afin que les signalements puissent être adressés directement au bon interlocuteur.

  1. Relations avec la municipalité

Les associations ont enfin rappelé que plusieurs courriers avaient été adressés afin de solliciter une rencontre avec le maire :

  • un courrier du Collectif des habitants de Beaulieu daté du 25 mai 2026 ;
  • un courrier conjoint LPB – CHB daté du 3 juillet 2026.

À la date de la réunion du 19 août 2026, les associations navaient toujours reçu ni accusé de réception de ces courriers, ni proposition de rendez-vous avec le maire.

Ce sujet a donc été rappelé au cours de la réunion.

Plus généralement, LPB et le CHB ont insisté sur leur souhait de disposer d’une relation plus régulière et plus lisible avec la municipalité.

L’objectif n’est pas uniquement d’obtenir des réponses lorsque survient une situation de crise, mais de construire un fonctionnement permettant aux associations de quartier de jouer pleinement leur rôle de relais entre les habitants et les institutions.

  1. Ce que nous retenons de cette rencontre

Cette réunion a permis d’obtenir des explications plus précises sur le traitement des occupations illicites et sur le rôle respectif de la collectivité et de la Préfecture.

Elle a également permis de faire reconnaître clairement une difficulté que LPB et le CHB constatent depuis plusieurs mois : la circulation insuffisante de linformation entre les habitants, les associations, les élus et les services.

Un premier élément concret ressort de la rencontre : pour les problèmes concernant Beaulieu, les deux associations disposeront désormais d’un interlocuteur identifié à travers l’adresse de l’élu du quartier, Cocou Gildas ADANHOU.

Il conviendra de vérifier dans la durée que cette organisation permet :

  • une bonne réception des signalements ;
  • leur transmission aux services compétents ;
  • l’identification claire du service ou de la collectivité responsable ;
  • et surtout un retour d’information vers les associations sur les actions entreprises.

Plusieurs sujets devront par ailleurs continuer à être suivis, notamment la situation des dépôts sauvages, les responsabilités foncières sur certains secteurs et, plus largement, l’organisation territoriale de l’accueil des personnes itinérantes.

  1. Conclusion

LPB et le CHB considèrent cette réunion comme une étape utile.

Elle a permis un échange direct avec les élus et les services, de mieux comprendre certains mécanismes administratifs et surtout de poser les bases d’une communication qui doit devenir plus efficace.

Les deux associations poursuivront leur action dans un esprit constructif, avec un objectif constant : améliorer la qualité de vie à Beaulieu, préserver les espaces et équipements collectifs et favoriser un dialogue efficace entre les habitants, les associations, les élus et les services publics.

Les Prairies de Beaulieu – LPB

Collectif des habitants de Beaulieu CHB

19 août 2026

Compte-rendu réalisé par Alexandre, Bernard et Marie-Pierre